Dans chaque nuit obscure réside une clarté : Mémoire depuis la Jineolojî

Par le groupe Conxa Pérez, Jineolojî

Le groupe de recherche Jineolojî Conxa Pérez, Països Catalans a publié sous forme de bande dessinée un ouvrage consacré à la mémoire de l’éducation des femmes pendant la période franquiste. Dans sa version originale, cet article a été rédigé en catalan.


Pour construire une société libre, il est indispensable de retrouver l’histoire et la mémoire de notre peuple

Que savons-nous de l’histoire de notre famille ? Comment ont-ils vécu la guerre de 1936 ? Et le coup d’État fasciste ? Ont-ils combattu au front ? Avons-nous des proches exilés ou disparus ? Et nos grands-mères, comment l’ont-elles vécue ? Qu’est-ce que cela signifiait d’être une femme et de vivre sous la République, puis sous le franquisme ? Comment cela les a-t-il façonnées ? Que nous ont-elles raconté ? Et surtout, que ne nous ont-elles pas raconté ?

Ce sont peut-être des questions que beaucoup d’entre nous n’ont pas encore posées à notre famille. Et pourtant, lorsque nous les avons posées, nous avons reçu des réponses confuses, de longs silences, des voix tremblantes…

Pendant la guerre, 600 000 personnes ont été assassinées, dont 150 000 sont toujours portées disparues. Sous le franquisme, 30 000 enfants ont été arrachés à leurs mères et confiés à des familles proches du régime. La guerre, l’après-guerre, la dictature, l’exil, les assassinats, les humiliations, les menaces, les tortures, la prison ont généré un traumatisme collectif au sein de notre société. De nombreuses études montrent que, face à ce qui fut un véritable scénario de terreur et de violence, beaucoup ont évité d’en parler à leurs enfants et petits-enfants pour leur épargner la douleur, mais aussi par incapacité à exprimer la signification de ce qu’ils avaient vécu et par crainte de représailles. Il faut rappeler que le régime franquiste lui-même l’interdisait, tout comme il interdisait toute forme de dissidence (parler catalan, vouloir être une femme de quelque manière que ce soit, remettre en cause le régime, etc.). Selon Valverde1 , ce récit s’est transmis de génération en génération, bien que le traumatisme psycho-émotionnel transgénérationnel touche également les descendants des vainqueurs, et pas seulement ceux des vaincus. Car, comme l’a dit Orwell, « Celui qui contrôle le présent contrôle le passé, et celui qui contrôle le passé contrôlera l’avenir ».

Ainsi, l’impact des silences, des pertes et de la violence organisée et systématique contre ceux qui croyaient en la justice sociale et en une société plus libre continue de peser sur notre réalité. Dans les Pays catalans, le coup d’État et la victoire du franquisme sur la république se sont déroulés de manière inégale. Majorque a été l’une des premières régions de tout le pays à tomber aux mains du fascisme, tandis que la Catalogne et la région de Valence ont résisté jusqu’en 1939. Les territoires de La Franja et des Terres de l’Èbre ont connu un véritable massacre lors de la bataille du Front d’Aragon. Ce n’était pas une guerre entre frères, c’était une guerre de classes, qui perdure encore aujourd’hui. Des millions de personnes ont dû faire leur deuil en silence de leurs proches et amis assassinés et disparus, mais aussi du projet politique émancipateur (en cours de construction) qui était le leur. Un deuil pour une joie qui n’est jamais revenue.

Nous nous réapproprions notre histoire pour mieux comprendre qui nous sommes

Le groupe Conxa Pérez2 , mémoire depuis la Jineolojî, est un collectif autogéré dont l’objectif est de recueillir les témoignages de femmes ayant vécu la période du franquisme. Nous travaillons selon la méthodologie de la Jineolojî, un cadre révolutionnaire des sciences sociales qui considère l’histoire comme une entité ancrée dans le présent, mais aussi dynamique et vivante, plutôt que comme un phénomène strictement déterminé.

La Jineolojî, un cadre de référence et une proposition d’avenir

La Jineolojî est une proposition du Mouvement des femmes du Kurdistan. En kurmanji, « jîn » signifie « femme » et partage la même racine que « jiyan » (vie). D’autre part, « lojî » fait référence au mot grec « logos ». Il s’agit donc de la science des femmes ou de la science de la vie. La Jineolojî critique les sciences sociales occidentales, trop influencées par le capitalisme, le colonialisme et l’androcentrisme. Elle se veut une science constructive, au service du peuple et de la vie, et non au service du capital. Elle a fait ses premiers pas en 2012, mais son histoire remonte à la lutte des militantes kurdes en prison, dans les années 1980, et à la résistance au sein de la guérilla dans les montagnes contre l’État turc.

Face à la nécessité de renverser le fascisme turc, et conscientes que celui-ci n’est qu’une des nombreuses formes par lesquelles le capitalisme étouffe la liberté et asservit les travailleuses à travers le monde, les militantes kurdes ont jugé indispensable de construire une nouvelle idéologie, et de rompre avec les sciences sociales hégémoniques. Un outil pour se libérer du colonialisme et du capitalisme. Conscientes que sans la libération des femmes, nous sommes condamnées à répéter l’histoire, elles ont commencé à tracer la voie de la dépatriarcalisation de la société et de son histoire.

Aujourd’hui, toutes les institutions civiles, politiques et d’autogouvernance du Mouvement de libération kurde disposent de structures propres aux femmes. Ces initiatives parviennent à briser la reproduction des dynamiques patriarcales et d’oppression. La Jineolojî fait partie de cette transformation radicale et est enseignée dans les écoles de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (AADNES). Il existe également de nombreux centres de recherche en Jineolojî, comme l’Institut Andrea Wolf au Rojava, où participent des femmes internationalistes, ainsi que des comités de Jineolojî partout dans le monde. Des études et analyses de Jineolojî émergent des propositions visant à répondre aux besoins de la population. Un exemple en est Jinwar, un village destiné aux femmes survivantes de la guerre, de situations de maltraitance ou d’abus3 .

Ainsi, le Comité de Jineolojî des Pays Catalans fait partie du réseau européen de Jineolojî, au sein duquel sont organisés différents groupes d’étude et de recherche sur des thèmes tels que la résistance, la mythologie, la santé ou l’histoire. Selon la Jineolojî, nous avons le devoir de repenser notre passé et de faire revivre aujourd’hui ces vestiges démocratiques qui nous montrent que l’entraide, le respect de la nature et la coexistence entre les peuples ont toujours été (et seront toujours) en nous.

La perspective de Jineolojî aborde l’histoire comme un outil révolutionnaire de mémoire, en montrant comment les valeurs, les cultures de résistance, les langues, l’éthique, les cultes, les contes et bien d’autres éléments se reflètent aujourd’hui. Il s’agit donc de rassembler la mémoire démocratique et révolutionnaire, de l’observer et de l’organiser selon les valeurs définies par le peuple, établissant ainsi un lien fort entre la vie passée et présente de la société et de la nature. Dans le même temps, elle cherche à rompre avec l’histoire patriarcale, qui relate le passé à travers de « grands » événements historiques « pertinents », qui sont, pour la plupart, guerriers.

La jineolojî fait référence aux femmes qui ont été exclues de l’histoire, des cultures, des institutions et des structures formelles, en s’appuyant sur l’interprétation d’Öcalan4 : « L’histoire de la civilisation est, en même temps, la défaite et la disparition des femmes ».

Nous concevons la mémoire historique comme une composante indispensable de l’identité collective, traversée par la lutte des classes et celle du peuple, qui nous aide à nous connaître, à redonner sa dignité à notre passé et à le comprendre comme un héritage qui explique qui nous sommes.

L’histoire de nos peuples a été réduite au silence, dissimulée et déformée au point d’être presque tombée dans l’oubli. Cinquante ans après la Transition, nous n’avons toujours pas réussi, en tant que société, à nous libérer de la mentalité imposée par le régime fasciste. La peur et le silence se sont répandus comme un poison jusque dans les recoins les plus reculés de notre territoire. Ce silence et cette peur sont indéniables dans les expériences vécues par les femmes et les minorités, surveillées et punies par la « police des mœurs » et par des institutions telles que le Patronato de la Mujer. Violences psychologiques, émotionnelles et physiques, abus sexuels, brimades, humiliations répétées, enlèvements d’enfants, asservissement… et une longue liste de stratégies de torture qui permettent de comprendre certaines des dynamiques encore présentes dans la socialisation qui imprègne aujourd’hui notre société et notre lutte pour la liberté.

Nous estimons nécessaire de nous approprier la mémoire historique, car elle appartient au peuple et aux institutions qui l’utilisent à des fins partisanes. Actuellement, sur le plan politique, le débat sur la mémoire historique s’est intensifié à des fins partisanes, sans que l’on insiste pour récupérer et redonner sa dignité à l’histoire de la révolution sociale et des militantes antifranquistes, ni pour porter une critique de la transition. Il n’y a aucune volonté politique de rétablir et de valoriser l’histoire, ni de condamner le franquisme. Toute analyse critique a été réduite au silence afin de continuer à perpétuer la même logique de domination.

De plus, tout cela est renforcé par la manière dont l’histoire est enseignée à l’école, à travers un regard très belliqueux et colonial, et à travers des prismes et des références patriarcales. Nous savons que l’histoire se trouve aussi dans le quotidien, dans les relations entre les personnes, les émotions, la douleur, l’organisation sociale, les rêves et les aspirations de l’époque, la résistance des femmes… Le regard de la Jineolojî met l’accent sur tout cela. C’est pourquoi notre première recherche s’est concentrée sur le rôle qu’a joué l’éducation dans le maintien du système franquiste et du silence.Outils pour la mémoire historique : le lien entre les générations

Nous avons mené une première recherche que nous partageons aujourd’hui à travers la publication d’une bande dessinée (Recueil de mémoire orale illustrée, 2024). Elle traite de l’éducation des femmes sous le franquisme, tant à la maison qu’à l’extérieur, et dans les milieux ruraux et urbains. Cette recherche a été réalisée en mettant en valeur les témoignages de six femmes de Catalogne et de La Franja. Nous revendiquons ainsi l’oralité comme source d’apprentissage intergénérationnel : dans cette première recherche, nous avons pu compter sur la collaboration de six illustratrices qui ont donné vie à l’héritage et à la mémoire de ces femmes, en tant qu’exemple vivant de la mémoire collective.Il est évident que celui qui contrôle l’éducation contrôle la société. C’est pourquoi l’imprégnation de l’idéologie franquiste dans l’éducation a façonné la vision du monde de nombreuses générations. Par le biais de la propagande et du contrôle de l’enseignement obligatoire, l’« ange du foyer » a été imposé comme modèle de la femme idéale. Ainsi, la femme était reléguée au rôle de soutien et de reproduction de la famille, ainsi qu’à des rôles de soumission, d’infériorité et de servitude.

L’éducation, telle que nous la concevons, nous libère du dogmatisme et du système de domination, nous apprend à faire preuve d’esprit critique et nous aide à développer pleinement notre personnalité. Le système actuel qui nous est imposé nous inculque l’idéologie libérale et individualiste, avec sa mentalité et son attitude sexistes, colonialistes, etc.

Au cours des entretiens menés pour la bande dessinée, nous avons constaté que certaines femmes étaient réticentes à parler de leur expérience, car elles n’y accordaient pas d’importance et ne comprenaient pas en quoi leur vécu pouvait présenter un intérêt dans le cadre d’une « recherche ». D’autres ont carrément refusé de parler, par crainte de la répression, par culpabilité, par peur de revivre ces moments, parce que c’est douloureux et parce qu’elles ont appris que pour s’intégrer, il faut se taire, cesser de partager ce qu’elles ont vécu, avoir honte… C’était pour elles une façon de tourner la page.

Le principal outil pour identifier et nous débarrasser du système ancré dans notre propre personnalité, c’est l’éducation. C’est ainsi que nous construisons notre personnalité sur des principes de liberté. L’histoire, par conséquent, tout comme l’éducation, ne nous est pas étrangère ; elle a traversé nos villages, nos rues, nos familles, et c’est pourquoi il est important de nous sentir partie intégrante de cette mémoire, car c’est notre vie, notre façon de voir et de comprendre le monde.

Pour les camarades du Mouvement de libération du Kurdistan, la perwerde, l’éducation est la voie qui permet de développer l’harmonie entre ce que nous ressentons, ce que nous disons et ce que nous faisons. C’est là que résident la véritable beauté et la force révolutionnaire.

Avant tout, l’éducation est une forme d’autodéfense, car les personnes qui s’instruisent sur les principes de liberté, et à travers le développement de la connaissance de leur société, de leur histoire et de leur identité, n’accepteront pas l’imposition, la domination et la colonisation du système capitaliste.

Depuis la Jineolojî, et donc à travers ce travail, nous encourageons l’autoformation et la recherche sur nos familles, nos peuples, nos territoires, ainsi que l’importance de la transmission orale. Nous comprenons que, bien que ce processus d’assimilation franquiste ait eu lieu il y a des années, il fait toujours partie de notre vie.

En tant que société, nous sommes confrontés à un vide imposé concernant notre histoire récente. Il nous appartient de le combler et de créer des espaces où parler et revendiquer cette histoire, qu’elle fasse partie de la sphère publique. Le passé ne peut rester dans un plan inexistant, mais doit faire partie du présent, dans le cadre d’un dialogue en constante réévaluation. Nous ne sommes pas une tabula rasa, un « ici et maintenant », comme la modernité capitaliste tente de nous le faire croire.

Retrouver la mémoire, l’histoire, ce qui s’est passé, et honorer les vies qui nous ont été enlevées, est une tâche indispensable pour rendre justice et venger ceux qui ont donné leur vie.

Cette justice sociale ne peut se limiter à un territoire ou à un État imposé, car c’est par la division que les États ont réduit au silence l’histoire de milliers de peuples.

En conclusion, cette bande dessinée donne corps et âme aux expressions de la vie, à ses apprentissages et à ses expériences du quotidien. Nous avons franchi des murs et déterré des souvenirs pour trouver l’élan d’autodéfense qui habite chacune d’entre nous. Les résistances sont apparues même dans l’ombre. Nous vous invitons à en savoir plus sur notre travail en venant assister aux présentations de la bande dessinée « Compilation de mémoire orale illustrée » que nous organisons dans tous les Pays catalans.

Par ailleurs, nous sommes actuellement en pleine phase d’une deuxième recherche. Depuis février 2024, nous nous attachons à recueillir des récits de vie marqués par la répression, dirigée contre des femmes parce qu’elles étaient considérées comme « rouges », ainsi que les résistances qu’elles ont opposées. Des femmes qui ont subi une stigmatisation du fait d’avoir des proches anarchistes, communistes ou républicains, ou encore des femmes qui avaient participé activement à la vie politique et qui partageaient également ces cadres idéologiques.

Nous continuons à enquêter sur l’héritage de la répression et des résistances que des femmes ordinaires, pauvres, rebelles, timides, courageuses, ont vécues pour la simple raison d’être considérées comme des « femmes rouges ». Des récits poignants, mais aussi des actes de résistance au quotidien, que beaucoup d’entre elles continuent d’exercer aujourd’hui encore, nous montrant l’importance de mener ce travail, car la mentalité fasciste est toujours présente dans une société qui refuse d’écouter ses ancêtres et qui perpétue la peur de parler de ce qui a été vécu.

Dans chaque nuit obscure réside une clarté. Mais il faut la chercher sous les décombres de l’histoire. Et c’est ce que nous essayons de faire.

Nous savons que cette terre a connu des moments révolutionnaires qui ont changé le cours de l’histoire, qui ont créé un précédent, et nous savons que de nombreuses femmes et identités dissidentes ont rendu cela possible et que, sans elles, nous ne serions pas là où nous en sommes aujourd’hui.

Nous rendons hommage à leur courage et à leur force, à une époque où lever la tête était sévèrement puni de mort. Si nous levons la tête aujourd’hui, c’est parce qu’elles l’ont toutes fait avant nous. Elles ont affronté le fascisme, l’exil, la répression, la censure, les interdictions, les abus de toutes sortes, mais elles n’ont jamais renoncé à leur amour de la vie et de la liberté. À travers leur combat, nous cherchons à découvrir qui nous sommes et d’où nous venons.

C’est le chemin où tous les autres chemins se rejoignent : celui de la quête de la liberté.

En mémoire de celles qui ont élevé leur voix si fort que, aujourd’hui encore, nous pouvons entendre votre chant de liberté.

Vive la lutte antifasciste et vive la résistance des femmes !

Nous poursuivons nos recherches sur la répression à l’encontre des femmes rouges. Si vous disposez d’informations ou connaissez des témoins, contactez-nous à l’adresse suivante : [email protected]


1 Valverde, Clara. Déterrer les mots (2014).

2 En signe de respect et d’admiration, nous avons souhaité baptiser notre groupe de recherche « Conxa Pérez », car elle incarne à nos yeux une figure emblématique de la résistance. Conxa, née à Les Corts (Barcelone) en 1915, a été une militante toute sa vie, passant par la CNT dans sa jeunesse avant de s’impliquer dans les luttes de quartier. Elle a défendu la liberté et lutté contre le fascisme. Dès la proclamation de la République, elle a commencé à fréquenter les cercles libertaires, s’impliquant au point de passer quelques mois à la prison pour femmes. Lorsque la guerre a éclaté, elle a rejoint le comité révolutionnaire de Les Corts ; elle était l’une des sept femmes faisant partie du groupe d’une centaine de soldats armés connu sous le nom des « Aguiluchos de las Cortes ». Elle participa, entre autres, à l’attaque de la prison Modelo pour libérer des prisonniers politiques et à la lutte armée à la caserne de Pedralbes. En décembre 1938, elle s’enfuit en France et séjourna dans le camp de réfugiés d’Argelès. En 1942, elle revint à Barcelone et ouvrit un stand au marché de Sant Antoni, qui devint un lieu de rencontre clandestin pour le mouvement anarchiste. À la fin des années 1990, elle rejoignit le collectif des « Femmes de 36 », qui œuvre pour faire valoir et rétablir la mémoire des femmes victimes de représailles pendant la guerre civile.

3 Ces initiatives populaires menées par des femmes sont aujourd’hui menacées et prises pour cible par les milices conservatrices proches du nouveau gouvernement de transition syrien dirigé par le HTS (Hayat Tahrir al-Sham). Celui-ci a pour objectif militaire de s’en prendre aux minorités ethniques et en particulier au projet révolutionnaire d’autogouvernance dans le nord et l’est de la Syrie, l’« Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie », apparue en 2012 dans le contexte de la guerre en Syrie. Les femmes constituent l’un des groupes les plus touchés par ces attaques : lorsque les milices fondamentalistes ont pénétré sur le territoire autonome, elles n’ont pas hésité à expulser, chasser et violenter très brutalement les femmes de leurs centres et de leurs académies, à fermer et détruire leurs institutions et leurs coopératives de travail, ainsi qu’à assassiner et humilier de jeunes militante. La forte valeur symbolique de la libération des femmes a fait de la destruction de leur autonomie une forme de guerre idéologique.

4 Abdullah Öcalan est le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Il est détenu illégalement et en isolement cellulaire sur une île-prison appelée Imrali, en Turquie, depuis 1999. C’est également Öcalan qui a lancé la proposition du confédéralisme démocratique, qui a inspiré la révolution de 2012 au Rojava (ouest du Kurdistan) et le modèle politique de l’Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie.

vous pourriez aussi aimer